La coordination Stop Bugey et sa “banderole jaune” à Paris le 5 décembre

Mercredi 5 décembre une délégation de la coordination Stop Bugey, dont Arrêt du nucléaire Savoie fait partie, s’est rendue au ministère de la transition écologique et solidaire. Les délégué-e-s avaient en main 10 221 signatures de la pétition de soutien à la lettre ouverte pour la mise à l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires du Bugey (avant leur quatrième visite décennale prévue de 2020 à 2023).

Ils les ont remises, à titre d’acompte, à un représentant du Ministre qui avait été averti par courrier de la visite mais n’était pas “disponible”. Ni le Ministre en poste, ni son prédécesseur n’ont d’ailleurs daigné répondre aux envois successifs de la lettre ouverte signée par 201 personnalités de la région. Et le gouvernement repousse aux calendes grecques la mise à l’arrêt définitif de ces réacteurs nucléaires dont la situation se dégrade inexorablement. C’est cette situation que nous détaillons ci-après.

En 2018, les réacteurs nucléaires Bugey 2 et 3 accumulent 40 ans de fonctionnement. En 2019, ce sera au tour des réacteurs Bugey 4 et 5 d’arriver à cet âge canonique. Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, celle du Bugey deviendrait la plus vieille de France en activité si aucune décision de mise à l’arrêt définitif n’est prise par le gouvernement ou par EDF.

Alors que ces quatre réacteurs présentent des signes manifestes de fatigue, EDF veut en prolonger le fonctionnement jusqu’à 50 ou 60 ans. Et l’électricien national, avec la complicité de toutes les structures mises en place par l’Etat nucléariste français pour l’accompagner (Autorité de Sûreté Nucléaire, Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire, …), déroule sa propagande pour faire croire que cela est possible en améliorant la sûreté des installations.

Or les récentes fraudes sur la qualité des pièces forgées, par Creusot Forges et le japonais JCFC, ont montré que la sûreté nucléaire n’était qu’un mythe. À la centrale nucléaire du Bugey les 4 réacteurs en service sont concernés par ces fraudes. Le tableau des désordres et des irrégularités est édifiant.

– Réacteur N°2 : cuve fragilisée par des fissures et 58 irrégularités pour non respect des normes.

– Réacteur N°3 : 94 irrégularités pour non respect des normes.

– Réacteur N°4 : deux générateurs de vapeur sur trois dont l’acier au taux de carbone trop élevé est fragilisé lors des variations brusques de température; cuve fragilisée par des fissures et 66 irrégularités pour non respect des normes.

– Réacteur N°5 : enceinte de confinement fuyarde, alors qu’elle vient d’être rafistolée, et 46 irrégularités pour non respect des normes.

Du tritium radioactif est régulièrement rejeté dans la nappe alluviale du Rhône (octobre 2012, décembre 2014, décembre 2017) à cause de tuyauteries corrodées et fuyardes et de dysfonctionnements de vannes et clapets.

Toutes ces malfaçons et anomalies sont tolérées par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui s’insurge de l’état des réacteurs mais autorise leur fonctionnement.

À la vétusté des installations et aux défaillances internes à la centrale s’ajoutent des risques externes (séisme, inondation, crash d’avion, acte terroriste), qui pourraient provoquer une catastrophe aussi grave sinon pire que celle de Fukushima.

Et à proximité, sur le parc industriel de la plaine de l’Ain, sont implantés 4 établissements classés à très haut risque dont un accident grave pourrait mettre en péril le site nucléaire du Bugey.

Enfin, il y a en permanence des rejets d’effluents radioactifs, gazeux et liquides, et de produits chimiques qui altèrent la santé des populations environnantes.

Un accident sur un réacteur de la centrale nucléaire du Bugey serait une très grave catastrophe pour la région lyonnaise et même au delà. La Suisse proche serait aussi touchée.

Tout ces éléments ont été communiqués au ministre François De Rugy, le 4 septembre 2018, dans la lettre ouverte et dans un dossier détaillé sur l’état des menaces que constitue le site nucléaire du Bugey pour toute la région et pour nos proches ou plus lointains voisins. Monsieur De Rugy était d’ailleurs président de l’Assemblée Nationale lorsque ce dossier a été transmis, par le coordination Stop Bugey, à la Commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires françaises. Le Ministre est donc parfaitement informé et sait également qu’EDF n’a ni la capacité technique, ni les moyens humains, ni encore moins les moyens financiers nécessaires pour assurer une sûreté absolue de ces installations. La seule manière d’y arriver c’est de les mettre à l’arrêt définitif.

Ce 5 décembre 2018, les 10 221 signatures (6 201 sur Cyberacteurs et 4 020 sur papier) n’étaient qu’un acompte. Tant qu’aucune décision n’est prise pour la mise à l’arrêt définitif des quatre réacteurs nucléaires du Bugey, nous vous invitons à signer et faire signer la pétition qui reste en ligne sur le site Cyberacteurs :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/enfiniraveclesreacteursnucleairesde-2054.html

 

La coordination Stop Bugey et sa “banderole jaune” à Paris le 5 décembre