Suite et fin de la campagne ACDN ?

Le 8 avril 2017, 126 parlementaires (voir la liste ici)  avaient signé la proposition de loi référendaire pour la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires. Ce n’était malheureusement pas suffisant car il aurait fallu 185 signatures avant la fin de la législature. Le premier référendum d’initiative partagée, si un jour il y en a un, ne portera donc pas sur l’abolition des armes nucléaires, à moins que de courageux militants se mettent à nouveau en marche pour convaincre les nouveaux élus de la justesse de la cause!

Les enjeux de la campagne

Le premier enjeu, de cette campagne initiée par ACDN et une douzaine de parlementaires, était celui de la démocratie et de la possibilité pour les citoyens d’être à l’initiative d’unréférendum en même temps que des parlementaires.

Le deuxième enjeu était la participation de la France, avec des propositions légitimées par référendum, à la préparation du traité d’interdiction et d’élimination des armes atomiques en discussion à l’ONU.

Le troisième enjeu était l’abolition effective des armes atomiques, leur interdiction et leur élimination complète “sous un contrôle mutuel et international strict et efficace”.

Les résultats de nos sollicitations des parlementaires savoyards

Arrêt du nucléaire Savoie avait interpellé les 6 parlementaires savoyards par courriers, par courriels et au téléphone. Voici les résultats de cette campagne menée pendant près d’un an entre juin 2016 et mai 2017.

Pour les députés

  • Dominique Dord (1ère circ.): aucune réponse malgré plusieurs relances
  • Hervé Gaymard (2ème circ.): réponse négative à lire ici
  • Béatrice Santais (3ème circ.): aucune réponse malgré plusieurs relances
  • Bernadette Laclais (4ème circ.): a signé la proposition de loi référendaire

Pour les sénateurs

  • Michel Bouvard: après 3 échanges de courriers nous avons finalement obtenu une réponse négative. Intégralité des échanges ici.
  • Jean-Pierre Vial: aucune réponse malgré plusieurs relances

Le bilan de la campagne

Il n’y a, pour le moment, pas de perspective favorable pour que la France ratifie le traité d’interdiction et d’élimination des armes atomiques voté par 122 pays non dotés d’armes nucléaires lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies le 7 juillet 2017.

Localement nous notons que 3 parlementaires de Savoie sur 6 n’ont pas daigné répondre à notre association qui les sollicitait pourtant sur un sujet qui ne porte QUE sur l’avenir de l’humanité et sur l’organisation de la démocratie dans notre pays. Soit ces questions ne les intéressent pas, soit ils ne lisent pas leurs courriers! Dans tous les cas c’est inquiétant et pour la démocratie et pour notre sécurité.

Quant à ceux qui nous ont répondu par la négative on peut conclure :

  • qu’ils ne font pas confiance à la démocratie et à l’outil démocratique, le référendum d’initiative partagée, qu’ils ont pourtant approuvé;
  • qu’ils ne veulent pas voir que la dissuasion nucléaire – dont nul n’a jamais fait la preuve de sa justesse et de son efficacité – nous soumet à des risques et à des dégâts inacceptables, sans parler du gaspillage d’argent que représentent ces armes faites pour ne pas être utilisées!

On peut souhaiter que les nouveaux élus de la République soient plus attentifs à l’avenir de l’humanité et qu’ils comprennent l’intérêt de la ratification par la France du traité d’interdiction et d’élimination des armes atomiques. Malheureusement, comme ses prédécesseurs, le nouveau chef de l’Etat ne semble pas en prendre le chemin. Il va falloir lui rappeler que nous existons et que nous ne voulons être ni des cobayes, ni des victimes d’une politique d’un autre âge.

Un signal au niveau international

Le traité d’interdiction et d’élimination des armes atomiques a été adopté par 122 pays de l’assemblée générale des Nations Unies le 7 juillet 2017 suite à la campagne internationale menée par plus de 450 ONG dans le monde entier.

 

ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear weapons) a reçu le prix Nobel de la paix 2017. La présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen, a déclaré:

« Nous vivons dans un monde où le risque que les armes nucléaires soient utilisées est plus élevé qu’il ne l’a été depuis longtemps. Certains pays modernisent leurs arsenaux nucléaires et le danger que plus de pays se procurent des armes nucléaires est réel, comme le montre la Corée du Nord »

 

« Le Comité (Nobel) tient à souligner que les prochaines étapes vers la réalisation d’un monde sans armes nucléaires doivent impliquer les États dotés de l’arme nucléaire. Cette année, le prix de la Paix est donc également un appel lancé à ces États pour qu’ils engagent des négociations sérieuses en vue de la disparition progressive, équilibrée et soigneusement contrôlée de près de 15.000 armes nucléaires dans le monde ».

 

Suite et fin de la campagne ACDN ?